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alsace immersion profonde alsacienne
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Un étranger ne pouvait être reçu bourgeois que s'il était de légitime naissance, d'une origine et d'une condition honorables, et homme libre, c'est-à-dire, ne dépendant d'aucun prince, d'aucun seigneur, soit par servage ou obligation féodale, soit par des rapports ou liens quelconques.
Il devait également avoir habité la ville au moins durant trois ans, en qualité de manant (Hintersass), avoir payé trois tailles et posséder en propre une maison.
Depuis notre réunion à la France, en 1798, nos mœurs primitives, nos anciens usages peuvent s'être modifiés par
l'impulsion de la nouvelle mère-patrie ; il est
néanmoins resté dans notre caractère, on ne saurait le contester, quelque chose de particulier et d'original, qui est dans
notre sang et qui subsistera sans doute encore longtemps dans notre descendance, à savoir : le souvenir sacré des ancêtres et
ce vif attachement à la ville natale par lequel les bourgeois de Mulhouse, fiers de leur glorieuse origine, se distinguent des
habitants de tant d'autres villes. Comment en serait-il autrement ? Alors que la plupart des peuples de l'Europe,
notamment la France, aujourd'hui si fière de sa liberté, gémissaient encore sous le joug dégradant de la servitude,
nous étions déjà des hommes libres (hommis liberi et ingenui) alors que, ayant à peine conscience de leurs
droits d'homme, ils vivaient sujets de princes grands ou petits, séculiers et ecclésiastiques, nous étions déjà les
citoyens libres d'un état souverain et indépendant, capables de nous gouverner nous-mêmes ; alors que la papauté
exerçait un pouvoir illimité sur les choses de la foi et de la conscience, nous étions déjà des chrétiens affranchis par
la Réforme ; et lorsque, enfin, en 1789, retentit de Gaule la voix puissante de la liberté, appelant les peuples opprimés à
leur émancipation, nous étions déjà de vieux républicains.
Les premières assises de si précoces franchises se retrouvent dans la politique des empereurs allemands des XIIe et XIIIe siècles, qui conçurent l'idée de fonder des villes libres, relevant immédiatement de l'Empire, afin de s'en servir comme d'un moyen d'attaque et de défense contre les entreprises de princes parjures à leur foi, aussi bien que contre les foudres d'excommunication des papes.
Mulhouse est une des plus anciennes villes de ce genre, et jouissait comme telle des libertés et des régales les plus étendues. Sous le gouvernement glorieux de Frédéric Barberousse, elle fut élevée au rang de ville libre de l'Empire, en 1163. Cet empereur fut également le fondateur et le bienfaiteur de notre église Saint-Étienne, dont le rectorat était administré primitivement par des personnes appartenant à la haute noblesse, un Egloff de Landsperg, chanoine de Spire, un Hermann de Thierstein, chanoine de Strasbourg. (Il existe encore de ce dernier trois lettres autographes de l'année 1297.) Sous les ordres du recteur il y avait le curé qui le représentait (Leutpriester), avec vingt chapelains et quatorze autels.
- celui de saint Etienne comme patron de la ville et de l'église
- de la Sainte-Trinité
- du Saint-Esprit
- de la Vierge
- des Trois-Rois
- de saint Jacques
- de saint Jean
- de la Sainte-Croix
- de sainte Catherine
- de saint Pierre
- de saint Paul
- de saint Nicolas
- de saint Erhard
- de saint Erhard
- et des Onze mille Vierges
L'éclat particulier de notre église, à côté des nombreuses maisons religieuses, fondées très anciennement à Mulhouse;
| Les Chevaliers de Saint-Jean, |
1164 |
|
Les Clarisses |
1270 |
| Ceux de l'Ordre teutonique |
1191 |
Les Dominicains |
1270 |
| Les Franciscains |
1246 |
Les Chanoines du Chapitre de Bâle |
1300 |
| Les Augustins |
1268 |
Les Moines de l'Ordre de Citeaux |
1316 |
est
une preuve que déjà alors Mulhouse ne devait pas être une cité sans importance, si l'on songe surtout que les familles nobles,
les plus considérables de l'Alsace, étaient venues s'y établir, notamment : les Mörsperg, Zobel, Zu Rhein,
d'Illzach, d'Eptingen, de Trotthof, Zum Thor, de Dornach, de Wittenheim, de
Wunnenburg, de Ferrette, de Brinnighofen, de Hirtzbach, de Regisheim, de Gliers ou
Frohberg, les Baselwind, de Neuenstein, Zum Wighaus et autres.
Il est digne de remarque que, déjà en 1197, Philippe de Souabe, le plus jeune des fils de Frédéric Barberousse, fut élu
empereur à Mulhouse par les États de l'Empire qui s'y trouvaient assemblés.
Reconnaissante de ses anciennes libertés, Mulhouse répondit avec une glorieuse fidélité à la confiance des empereurs, qui
continuaient de lui témoigner de la bienveillance. Dans maintes circonstances critiques, lorsqu'une lutte s'élevait
entre ces derniers et le pape ou les grands de l'Empire, nos vaillants ancêtres, sans crainte même de l'excommunication,
prenaient le parti des empereurs et leur portaient secours avec d'autres villes impériales. Aussi ont-ils partagé leur
sort, dans les succès comme dans les revers de la guerre. C'est ainsi que la ville tomba au pouvoir de l'évêque de
Strasbourg (1248-1261), mais fut délivrée de ce joug grâce à l'aide de Rodolphe de Habsbourg. Le château ou bourg,
occupé par les troupes épiscopales et d'où elles inquiétaient les bourgeois, fut pris après un siège de douze semaines et
brûlé. Il n'en resta que deux tours, qui subsistent encore comme monuments d'une tyrannie détruite: la tour de Nesle
et la tour du Diable, dans la rue du Bourg.
Après que le même Rodolphe de Habsbourg eut été couronné empereur à Aix-la-Chapelle, il rendit pleinement la ville de
Mulhouse à l'Empire, auquel elle avait été soustraite pendant vingt-huit ans, et il lui accorda de nouvelles libertés
par lettres du 9 août 1275.
Ces franchises furent confirmées et encore augmentées par les empereurs suivants :
- Adolphe de Nassau, en 1293
- Albert 1er d'Autriche, en 13oo
- Henri VII de Luxembourg, en 1309
- Frédéric d'Autriche, en 1315
- Louis V de Bavière, en 133o
- Charles IV de Luxembourg, en 1347, 1356 et 1376
- Wenceslas de Luxembourg, en 1376, 1387, I395, 1397 et 98
- Robert de Bavière, en 1401
- Sigismond de Luxembourg, en 1413, 1415 et 1417
- Frédéric III, en 1441 et 1442
- Maximilien Ier, en 1495
- Charles-Quint, en 1521
- Ferdinand Ier, en 1563
- Maximilien II, en 1566
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