| E güeter Tropfe üssem Krüej Bringt jed's gequälte Herz in Rüehj.
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Le touriste qui traverse en été la plaine d'Alsace, est émerveillé par la richesse et la variété de ses cultures. Les champs de blé et d'orge succèdent aux champs de tabac et de pommes de terre, les cultures maraîchères aux champs de colza et de betteraves, les prés aux houblonnières, sans compter les vignes, qui garnissent les coteaux. |
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Il n'est pas étonnant qu'entre les épis dorés de l'orge frissonnants sous le vent et les gracieuses guirlandes vertes des houblonnières. une industrie brassicole importante soit née et se soit développée rapidement. S'il est vrai que nos ancêtres, les Gaulois de l'époque romaine, ont déjà connu et apprécié une boisson qu'ils nommaient cervoise (cerevisia) et qui était une bière issue de malt d'orge sans addition de houblon, ce n'est toutefois que du Moyen Age que date la généralisation de la fabrication de la bière dans notre région. Dès 1448, les Traditions de Wissembourg relatent cette fabrication, et dès 1577 elle était déjà imposée de taxes, tout comme aujourd'hui. Peu de temps après, des Bierschauer sont commis à Strasbourg, qui ont pour mission de surveiller la fabrication de la bière et d'en contrôler la qualité. De nombreuses Brasseries ouvrent alors leurs portes et il n'est guère de ville ou de bourg qui ne possède un ou plusieurs établissements de ce genre, entreprises monacales ou artisanales et débits en même temps. Au XIXe siècle, la fabrication de la bière s'industrialise. Les recherches et les découvertes de Pasteur suppriment l'empirisme et la routine qui font place, petit à petit, à une organisation scientifique, technique et commerciale, Une évolution réalisée déjà avant la guerre de 1914-1918 a concentré l'industrie brassicole d'Alsace en vingt-deux entreprises, disséminées d'ailleurs dans toute la région : à Strasbourg et Schiltigheim, à Bischwiller, Erstein, Hochfelden, Ingwiller, Lorenzen, Mutzig, Pfaffenhoffen, Saverne et Schweighouse, à Colmar, Lutterbach et Saint-Louis. Ces vingt-deux Brasseries d'Alsace étaient groupées dans le Groupement Corporatif des Brasseurs d'Alsace. Elles possèdaient toutes un équipement des plus modernes et des plus perfectionnés qui les met au premier rang parmi les Brasseries françaises. Les événements de la guerre 1939-1945, en particulier l'occupation de notre province par l'ennemi, aient fait marquer un certain temps d'arrêt à l'évolution de la Brasserie d'Alsace. Mais la réglementation stricte de la production imposée par l'occupant et les restrictions des premières années après la Libération, n'étaient déjà plus que de mauvais souvenirs. La qualité d'avant guerre des Bières d'Alsace était alors pleinement retrouvée et même dépassée. Fidèles à leurs traditions les Brasseries d'Alsace ont depuis plusieurs années, complètement abandonné la fabrication de bières légères, encore usuelles dans beaucoup de régions de France et ont porté leur effort sur les bières de qualité. La finesse des matières premières employées. La perfection des installations et une tradition plusieurs fois séculaire, font des Bières d'Alsace un produit dont la renommée a depuis longtemps franchi toutes les frontières de provinces et de pays. Il n'est donc pas étonnant que la production des Brasseries d'Alsace, qui n'était en 1938 que d'environ 10 % de la production de la Brasserie française, tout entière, n'ait cessé d'augmenter depuis la Libération à tel point qu'elle représentait dans les années 50 plus de 20 % de cette production. Cette simple constatation prouve l'essor pris par la Brasserie d'Alsace et la faveur que rencontrent ses produits. La bière, est la boisson saine et nourrissante par excellence. Elle est saine, car elle est une boisson hygiénique, naturelle et vitaminée, fabriquée de façon stérile à partir de produits naturels qui sont le malt, le houblon et la levure. Tout ce qui entre dans la composition de la bière est parfaitement sain : l'alcool, excellent tonifiant, y est contenu dans une dose raisonnable qui permet son assimilation complète. L'acide carbonique a des propriétés stimulantes et rafraîchissantes. Le houblon est un calmant du système nerveux, c'est un excellent diurétique et son amertume excite l'appétit. C'est pourquoi il n'est certainement pas exagéré de prétendre que la bière est le meilleur des apéritifs. Elle est une boisson désaltérante, et l'est agréablement car elle agit sur quatre sens à la fois : sa couleur jaune d'or flatte la vue, son fin bouquet de houblon flatte l'odorat, sa noble amertume et l'acide carbonique finement liés, réjouissent le palais, l'onctuosité d'une mousse crémeuse procure aux lèvres une sensation de douceur. La bière est, d'autre part, une boisson nourrissante et digeste. Elle contient des éléments nourrissants et. fortifiants qui sont extraits du malt et qui sont des sucres, des dextrines, des matières azotées. Tous ces éléments sont dissous dans la bière : c'est dire qu'ils sont extrêmement digestes et assimilables. Boire de la bière d'Alsace, c'est joindre l'utile à l'agréable. |
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