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| Le complexe vitaminique B
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Il a pu paraître curieux à certains de voir débaptiser certaines vitamines et de les faire entrer dans le cadre des vitamines B affublées d'un numéro.
On connaissait la vitamine PP, devenue dans cette étude la vitamine B3, tandis que l'acide pantothénique devenait la B5, la vitamine H la B8.
Cette nouvelle classification correspond cependant, non point à une fantaisie, mais à une réalité.
On s'est en effet aperçu, voilà plusieurs années, que les vitamines B1 et B2 ne se trouvaient généralement pas seules mais
associées à d'autres dont certaines
n'avaient pas encore dévoilé leur parenté. On s'est aperçu que l'acide pantothéniques, la pyridoxine et d'autres avaient des propriétés physico-chimiques et biologiques analogues. Les recherches se poursuivant, on se rendit compte peu à peu que ces diverses vitamines étaient souvent rencontrées dans les mêmes végétaux ou dans les mêmes produits animaux, qu'elles agissaient dans le même sens, qu'elles s'épaulaient, se complétaient, qu'elles faisaient, en somme, partie d'un ensemble indissociable.
Naquit la notion d'un complexe, appelé complexe vitaminique B, qui s'avéra indispensable au métabolisme cellulaire (respiration, nutrition, assimilation).
Il fallut donc, en bonne logique, reclasser les vitamines et leur enlever le ou les noms qu'elles possédaient antérieurement (la plupart des vitamines, on l'a vu, sont passées par différentes appellations). Ce problème de classification n'est d'ailleurs pas définitivement résolu. On ne sait pas encore si certaines vitamines ne sont pas, en définitive, des principes plus ou moins bâtards. Ce fait confirme toute la valeur des recherches qui tendent à fournir toujours plus de précisions utiles.
Il est en tout cas essentiel de se rappeler cette notion capitale la science actuelle a reconnu que certaines vitamines coexistent dans la nature et que, dans le cas présent, chaque vitamine du complexe B ne parait avoir de valeur et fournir son maximum que si elle est administrée avec ses semblables.
Chacune semble jouer, vis-à-vis des autres, un rôle de catalyseur et aussi de régulateur. Elles se complètent mutuellement dans leurs diverses fonctions.
On verra que la vitamine C synthétique ne peut guérir, à elle seule, un scorbut hémorragique. Mais le jus de citron en est capable. C'est qu'il possède également la vitamine P dont l'action sur la perméabilité capillaire est capitale. Aussi, la vitamine P est-elle devenue la vitamine C2.
Ces notions relativement récentes sont de celles qui ramènent preuves à l'appui vers le naturel, vers le produit équilibré. De plus, elles nous simplifient considérablement la tâche. Car si les avitaminoses caractérisées et graves exigent l'administration, à des doses parfois massives, de la vitamine en cause, on ne rencontre plus généralement dans nos civilisations que des syndromes bâtards et flous, généralement non diagnostiqués, dus à des hypovitaminoses frustes. ans ces cas, doit-on prescrire telle ou telle vitamine ? Ou bien telle ou telle association vitaminique ? et à quelles doses ? Il n'est pas toujours possible de délimiter les frontiéres des indications respectives.
Sans doute connaissons nous actuellement quelques associations apparemment logiques. Sans doute avons-nous quelques aperçus suries besoins approximatifs quotidiens de notre organisme en certaines vitamines. Mais le métabolisme profond de ces éléments n'est pas encore complètement élucidé. Aussi est-on fondé à craindre que l'administration de tel ou tel cocktail vitaminique issu de l'industrie équilibré en apparence n'aboutisse, en définitive, qu'à un déséquilibre surajouté à celui que l'on désirait traiter.
La thérapeutique vitaminique est, en effet, loin d'obtenir les constants résultats, les bienfaits réguliers que théoriquement on serait en droit d'espérer. Peut-être, dans ces cas, a-t-elle porté à faux par erreur de diagnostic, ou bien les doses prescrites n'étaient-elles pas adaptées. C'est peut-être également, eu égard à l'extrême et encore imprévisible complexité biologique, que les vitamines administrées ont eu une tout autre influence, peut-être fâcheuse.
On connaît déjà certains exemples significatifs. De fortes doses de vitamine B1 sont susceptibles de faire naître une pellagre. Dans ce cas, il ne s'agit
ras d'une carence primitive en vitamine PP (actuelement B3). II s'agit donc probablement de sa destruction par un excès de vitamine B1.
Parce qu'il est démontré, un tel exemple saute aux yeux. Est-ce à dire que d'autres, inapparents, n'existent pas ? La thérapeutique à coups de masse a forcément de nombreuses chances de dépasser son but. Et, pour en revenir aux vitamines, il n'est pas interdit de penser que l'administration d'une vitamine isolée est souvent susceptible, en provoquant un déséquilibre humoral, en aggravant une dysharmonie antérieure mal étiquetée, de provoquer un nouveau syndrome... qu'il ne restera plus qu'à décrire.
En général, par conséquent, le retour à une alimentation saine, riche en crudités, avec une sage utilisation des plantes, tous éléments pourvus des vitamines utiles en proportions équilibrées, aura toutes chances pour peu que l'intéressé veuille bien marquer quelque persévérance d'atténuer ou de faire disparaître certains malaises, pour la plupart certes mineurs, mais qui par leur chronicité empoisonnent l'existence.
20 g (le poids d'une lettre), c'est-à-dire une pincée de persil renferme environ 20 mg de vitamine C, soit le quart des besoins théoriques quotidiens. 20 g, une cuillerée à soupe de levure sèche contient 10 à 20 mg de vitamine antipellagreuse alors qu'on estime actuellement à 20 mg la dose journalière utile.
On peut donc répéter, sans grande crainte de se tromper, qu'une alimentation saine, biologique,
couvre les besoins vitaminiques de notre organisme. Elle a d'ailleurs été faite en principe pour cela.
Les indications du complexe vitaminique B sont nombreuses et, parmi elles, la croissance, les convalescences, la grossesse, les troubles divers de l'assimilation, les névralgies et polynévrites, les inflammations de la langue et des gencives, le manque d'appétit, les colites, la constipation, l'anémie, la fatigue générale, l'irritabilité, les troubles de la thyroïde, des surrénales, du pancréas, la prévention de l'artériosclérose, les séquelles de traitements par les antibiotiques dont l'administration, supprimant généralement partie ou tous les germes intestinaux utiles, entraîne une carence vitaminée. On sait que, dans ce dernier cas, l'administration parallèle de levures (éléments les plus riches en vitamine B), est devenue depuis longtemps une règle impérieuse en médecine.
Vitamine BI, ou antibéribérique, ou aneurine, ou thiamine (hydrosoluble')
Elle est abondante dans l'enveloppe des grains (blé, riz...) et d'autres végétaux noix, légumineuses, arachides, la plupart des légumes t des fruits, les levures. On la retrouve dans le pain traditionnel fait avec des farines extraites au taux convenable et dans le riz tel que le consomment les ExtrêmeOrientaux. En revanche, le pain blanc et le riz glacé en sont presque entièrement dépourvus.
Environ 1885, l'armée des Indes néerlandaises, nourrie de cette céréale, eut le quart de ses effectifs indisponibles. Le Gouvernement hollandais, alarmé, envoya une mission pour étudier le béribéri qu'on estimait microbien et dont on crut un instant avoir découvert l'agent causal. Eijkman, membre de l'équipe scientifique, fut chargé d'élucider les caractéristiques du virus supposé. Vainement, il tenta d'inoculer des poules, animaux susceptibles de contracter la paralysie béribérique. Elles ne semblaient pas incommodées.
Or, un jour, tous les animaux de basse-cour, inoculés et témoins, perdirent en même temps l'usage de leurs pattes. A peu de là, non moins simultanément, tous guérirent. L'hypotèse infectieuse ne tenant plus, Eijkman rechercha la solution dans l'observation rigoureuse des circonstances. Il sut ainsi que les animaux, alimentés au début de riz non poli, étaient tombés malades quelques jours après qu'on eut remplacé le grain complet par du riz poli, c'està-dire séparé de sa pellicule externe. La guérison avait de même coïncidé avec la reprise du riz non mondé. Ainsi, il s'avérait que le tégument du grain contenait quelque chose dont l'absence dans l'alimentation causait le béribéri. C'est ce corps hypothétique que Funk, en 1911, appela vitamine antobérique.
En Indochine, il y a une trentaine d'années, les autochtones ayant voulu consommer du riz décortiqué à la place de leur riz habituel, il s'ensuivit une épidémie de béribéri que le service de santé français fit disparaître par l'administration de paddy (riz non décortiqué) et, pour les cas graves, de vitamine B1.
Cette vitamine joue un rôle important dans l'équilibre nerveux. C'est un stimulant de l’appétit et elle a le pouvoir d'exciter les mouvements favorables de l'intestin. Elle favorise en outre l'absorption de l'oxygène par les cellules et l'assimilation des sucres. Elle intervient, de plus, dans la synthèse des graisses à partir des sucres, appelés aussi glucides ou hydrates de carbone dans le langage scientifique.
Outre des troubles digestifs, sa carence complète entraîne le béribéri' dont les symptômes sont les suivants:
l'état pré-béribérique avec oedème et faiblesse des jambes, palpitations, douleurs rhumatismales
forme paralytique ou sèche paralysie et atrophie musculaire des jambes s'étendant jusqu'aux muscles du dos, rétractions tendineuses, palpitations, insuffisance cardiaque. Mort par asphyxie
forme humide ou xdémateuse troubles circulatoires, oedème des membres inférieurs, parfois du cou et de la face, paralysies, troubles des nerfs crâniens, vomissements, asphyxie, convulsions, syncopes.
L'hypovitaminose BI est fréquente par une alimentation défectueuse (cuisson, stérilisation, raffinages alimentaires divers) et favorisée par les insuffisances digestives et intestinales comme par les divers troubles d'assimilation tissulaire.
L'usage excessif du sucre raffiné et des farines mortes entraîne le béribéri fruste, de forme atténuée échappant souvent au diagnostic. L'alcoolisme, qui épuise les réserves organiques en vitamine BI, entraîne des polynévrites.
L'insuffisance vitaminique BI entraîne des névrites, un état de fatigue, des maux de tête, une irritabilité, des troubles de la mémoire, palpitations, essouffement, vertiges, inappétence. On a pu rattacher certaines psychoses chez les Noirs à une avitaminose BI et PP, mais la question, à n'en pas douter, est certainement plus complexe. Elle favorise les ulcères de l'estomac, les ulcères de jambe, les engelures.
Ses indications principales sont les névralgies diverses, névrites, sciatiques, paralysies post-intectieuses, polynévrites alcooliques, diabétiques, médicamenteuses, les troubles du rythme cardiaque, les troubles de la grossesse, l'arrêt de la croissance et la spasmophilie du nourrisson.
La dose quotidienne nécessaire est évaluée à environ 2 à 3 mg.
La cuticule du riz contient environ 2 mg-2,5 mg de vitamine B1 pour 100 g, les germes de blé, d'orge, de seigle en contiennent de 1 à 2 mg pour 100 g, le soja de 0,3 à 1,5 mg, la noix environ 0,5 mg, le foie 0,5 à 1,3 mg, le jaune d'oeuf 0,3 mg.
Moins sensible à la chaleur que la vitamine C, la cuisson entraîne toutefois des pertes importantes de vitamine B1.
A ce propos, voici des notions récentes qui réconforteront les partisans des traitements à base de végétaux, qu'il s'agisse de plantes médicinales, de légumes, de fruits ou de céréales. Ils ne feront plus figure de demeurés, même s'ils ne se soignent au long cours qu'avec de simples tisanes.
Car en ce qui concerne les infusions et les macérations de plantes que nous prescrivons presque systématiquement à nos consultants, des points de vue curatif et préventif, il se trouve encore des esprits forts (il n'y a pas de raison pour que la race s'estompe) pour affirmer toujours dans les salons, jamais malheureusement en débat public - que ces préparations ne sont que de l'eau salie.
Or, les infusions de feuilles de myrtille sont entre autres traitements efficaces dans les diabètes, les colibacilloses et les troubles circulatoires les infusions de feuilles de cassis, de reine-des-prés sont indiquées dans les processus rhumatismaux les décoctions de feuille de ronce sont généralement souveraines dans les an fines banales.
La composition de ces pantes nous indique actuellement le pourquoi de leur efficacité, connue depuis des siècles par certains médecins et encore plus d'usagers.
Les scientistes ignorants ou de mauvaise foi disent aussi volontiers que l'ébullition des plantes les prive d'une proportion notable de leurs constituants, surtout les vitamines, ce qui dans ce dernier cas est partiellement vrai.
Un travail très intéressant de C. Schingten et C. Mathist fait état de la teneur en vitamines B1 et B2 de 18 plantes parmi les plus employées, sous forme d'infusion ou de macération à chaud (armoise, cassis, fumeterre, mélisse, menthe, myrtille, plantain, romarin, verveine, tilleul, etc.).
Voici les conclusions, chiffres éloquents à l'appui, au sujet de ces plantes choisies pour leur réputation relative à leurs propriétés toniques et sur le système nerveux
... les hypovitaminoses sont fréquentes du fait d'un certain déséquilibre dans l'alimentation. Les plantes médicinales, administrées sous forme de simples infusions ou macérations, peuvent fournir elles aussi un certain apport en vitamines naturelles.
Ainsi, les débiloides détracteurs systématiques de la phytoaromathérapie se voient-ils, une nouvelle fois, privés d'un de leurs faux arguments.
Aliments riches en vitamine B1 en milligrammes pour cent grammes
- Farine de blé : 0,36-0,5
- Riz : grain entier : 0,5
- grain poli : 0,03
- pellicule : 2,3
- Pomme de terre
- 0,08-0,10
- Pois : 0,36 - Autres légumes : 0,4-0,6 - Fruits : pommes, poires, prunes, abricots, pêches, bananes : 0,01-0,15 - Levure : extrait
2,5-10 - levure sèche : 1-2 - Boeuf : jusqu'à 0,6 - Agneau : 0,1-0,2 - Porc : jusqu'à 1 - Volaille
0,1 Lait: de femme, en moyenne 0,02 de vache, en moyenne 0,04 de chèvre, en moyenne 0,04 Jaune d'oeuf : 0,3-0,5.
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