|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
Les nombreuses propriétés des légumes, des céréales et des fruits sont dues à leurs constituants dont font partie les vitamines. Pour éviter des redites inutiles, seules les notions principales relatives à ces éléments indispensables à la vie et à la protection de la santé sont présentées.
Il y a peu de temps encore, environ 1880, les problèmes alimentaires étaient habituellement considérés de manière assez simple. L'organisme animal était assimilé, à peu de chose près, au poêle qu'il faut garnir de bois pour récolter de la chaleur, ou encore aux machines à vapeur qui tirent du charbon leur forme d'énergie.
Mais à la fin du siècle dernier, divers expérimentateurs remarquèrent qu'en nourrissant des animaux avec une alimentation ne comportant que les trois éléments énergétiques de base, c'est-à-dire des protides, des matières grasses et des sucres purs, avec, en plus, du sel et de l'eau, les bêtes dépérissaient et ne pouvaient se reproduire.
En revanche, si on complétait ce régime (qui comportait théoriquement tous les éléments nécessaires à 1 organisme) par du jaune d'oeuf ou du lait entier, les animaux s'élevaient normalement.
Ainsi apparaissait la notion qu'il a devait exister , dans le jaune d'oeuf ou le lait, certaines substances inconnues indispensables au développement normal. Des travaux ultérieurs permirent d'y découvrir la présence d'une vitamine appelée vitamine A dont la présence, bien qu'à dose infinitésimale, s'avère obligatoire dans l'alimentation.
Pour la première fois, écrit Orain, l'homme doit admettre que, pour s'alimenter, il ne lui suffit pas d'absorber des substances inertes qui produisent ou dégagent de l'énergie dans l'organisme; que pour entretenir sa vie, il doit faire appel à la vie, et qu'en tuant ses aliments, il abrège considérablement son existence.
Les progrès de la science moderne ne faisaient que confirmer certaines notions empiriques du passé. Car nos prédécesseurs, parfois très lointains, avaient depuis longtemps ressenti l'importance de ces éléments qualitatifs . Sans en connaître l'exacte nature, ils savaient utiliser certaines de leurs propriétés.
Si Vasco de Gama, en 1497, perdit les deux tiers de son équipage atteint de scorbut, il y a plusieurs siècles déjà que les navigateurs, pour se préserver de cette maladie et de certaines autres affections, savent qu'il leur faut emporter des végétaux frais, des citrons particulièrement, des oignons et des choux.
Les propriétés antirachitiques de l'huile de foie de morue étaient, de leur côté, mises à profit bien avant que la vitamine D fût découverte.
Il semble qu'on puisse, d'ailleurs, remonter bien plus loin dans le temps et que les Grecs aient su utiliser les vertus de nos actuelles vitamines...
L'empirisme, arche sainte de la médecine à laquelle, disait Trousseau, nous devons bien nous garder de toucher, se trouve encore, sur ce chapitre comme sur tant d'autres, à l'origine de progrès actuels considérables.
Ainsi a-t-on, depuis leur découverte, beaucoup parlé des vitamines. On en parlera encore beaucoup, comme des diastases d'ailleurs, des ferments, des oligo-éléments.
Leur importance est en effet capitale, la suppression de la vitamine C entraîne le scorbut, l’élimination de la vitamine A provoque des troubles de la croissance et des affections oculaires pouvant aboutir à la cécité. L'absence de vitamine B dans l'alimentation se solde par l'apparition du béribéri, celle de la vitamine D par le rachitisme...
L'importance biologique des vitamines, déclare Guggenheim, réside dans leur fonction de co-ferments qui les met à même de catalyser les processus enzymatiques des tissus vivants. La vie normale ne peut être maintenue si l'organisme vivant ne reçoit pas, comme des facteurs de nutrition, les vitamines qu'il ne peut pas synthétiser.
L'organisme animal, en effet, doit recevoir obligatoirement ces éléments indispensables par l'intermédiaire de son alimentation. Or les vitamines se trouvent, plus ou moins nombreuses et en quantité plus ou moins forte, dans la quasi-totalité des végétaux.
On en connaît, pour la plupart, la teneur exacte ainsi que leurs propriétés. Comme on connaît, à peu près, les besoins de l'organisme sain ou malade pour la plupart des vitamines actuellement connues, il est aisé, en se reportant aux tableaux dressés à cet usage, de s'adresser à tous moments aux plantes, aux nits et aux légumes les plus riches sur le plan des vitamines indiquées.
La thérapeutique vitaminique a désormais et conservera sans doute toujours l'ensemble de ses droits. Toutefois, hormis les cas pathologiques relevant du médecin, il serait vain de vouloir calculer, dans l'ensemble des végétaux ingérés, la
quantité de vitamines administrées en fonction des besoins théoriques. Il serait vain et inutile. Car,
Sur reprendre une phrase du Pr Valette, l'esprit o géométrie n'aboutit qu'à des désastres en matière thérapeutique. On ne saurait traiter un organisme complexe comme on traite un piston. Les déboires ne manqueraient pas de s'ensuivre.
Il convient de se persuader que, pour qui varie le plus possible sa nourriture en réservant une large place aux crudités, le problème des vitamines , en réalité, n'existe pas. Les aliments naturels sont toujours parfaitement équilibrés pour l'espèce à laquelle ils conviennent écrit A. Orain. Sauf quelques cas particuliers, il n'existe pas de risques sérieux d'hypervitaminose.
Tout se passe comme si l'organisme savait, de manière générale, utiliser les vitamines à partir de la ration alimentaire quotidienne, au fur et à mesure de ses besoins, compensant là un déficit momentané, stockant par ailleurs ce dont il n'a pas l'immédiat usage. C'est en lui apportant journellement de nouvelles vitamines naturelles que nous pouvons aider au maximum notre organisme à devenir ou à demeurer ce que nous désirons qu'il soit.
Dans l'état actuel de nos connaissances, on se trouve obligé, sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, de lui faire confiance, de lui accorder cette intelligence que nous lui devinons sans l'avoir démontrée entièrement.
On sait déjà que notre milieu intérieur (sang, lymphe, humeurs diverses) est doué d'un indéniable pouvoir tampon qui nous met à l'abri d'une acidification ou d'une alcalinisation brutale et dangereuse. II en est
probablement de même pour les vitamines. D'aileurs, si notre organisme n'avait pas les moyens de se défendre et de s'adapter pour un temps plus ou moins long, bien entendu supporterions-nous pendant des années, sans dommage apparent, l'ingestion et l'inhalation de nombreux poisons et toxines comme il est habituel, particulièrement pour les habitants des grandes viles?
Deux notions supplémentaires doivent être signalées
Les vitamines synthétiques ne sauraient remplacer un manque de vitamines naturelles et de nombreux auteurs se sont expliqués sur ce sujet. Certaines affections qui n'ont pu être guéries par des doses importantes de vitamines synthétiques, l'ont été par des quantités beaucoup moindres de vitamines naturelles.
Les aliments trop cuits, stérilisés et, d'une façon générale appauvris en vitamines, a fortiori ceux qui en sont totalement dépourvus, se comportent, selon certains auteurs, comme des anti-vitamines qu'un apport supplémentaire de vitamines ne suffit pas toujours à neutraliser. On le comprend sans peine si l'on veut bien se rappeler que les aliments, pour être 'parfaitement assimilés, doivent comporter l'ensemble équilibré dont les a dotés la nature. Un aliment privé de ses vitamines sera l'objet de cette alternative ou bien il ne pourra être assimilé, ou bien pour l'être, il devra se servir des vitamines nécessaires stockées dans l'organisme. A la longue, l'organisme se trouve plus ou moins démuni des vitamines en cause.
En réservant journellement une place de choix aux crudités dans l'alimentation, écrit A. Deglos, vous aurez en quantités grandement suffisantes toutes les vitamines A, B, C, D, etc. jusqu'à Z, toutes les vitamines déjà découvertes et celles qui restent encore à découvrir. Vous les absorberez sans même vous en douter, tout comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
Quelques notions complémentaires apparaissent, ici, indispensables.
Les avitaminoses c'est-à-dire les cas de privation totale en vitamines sont, à notre époque, choses relativement rares tout au moins chez les peuples bénéficiant d'un certain niveau de vie. On ne rencontre plus guère de scorbut et le béribéri n'atteint plus que les populations dont la nourriture est à base exclusive de riz, lorsque les autochtones commettent l'erreur de remplacer le riz traditionnel par le riz décortiqué privé de sa vitamine B.
Mais les hypovitaminoses c'est-à-dire les carences en vitamines sont légion dans nos civilisations où l'abondance alimentaire, faite souvent de conserves et de produits raffinés , est en réalité un leurre car elle n'apporte trop souvent que des nourritures dévitalisées, dépourvues des principes vitaux indispensables parmi lesquels se placent les vitamines.
Il est anormal que, de nos jours, le Français moyen ait une alimentation moins riche en vitamines naturelles, donc moins équilibrée, que le paysan miséreux égyptien.
Les hypovitaminoses sont dans nos pays, pour qui se donne la peine de les rechercher, de tous les instants, dans toutes les familles. Certaines sont bénignes, d'autres de conséquences plus graves. Les troubles provoqués ne sont d'ailleurs pas toujours, et de loin, rapportés à leur véritable cause.
Les adultes sont touchés, mais plus souvent encore les nourrissons alimentés aux laits écrémés, aux bouillies dépourvues de vitamines. Les enfants paient également, bien entendu, un lourd tribut à ces carences vitaminiques. Il serait pourtant très simple d'accorder dans le régime alimentaire quotidien une large place aux crudités, légumes et fruits divers, également aux levures aimentaires et au germe de blé dont la richesse en vitamines est depuis longtemps démontrée.
A côté de ces hypovitaminoses par insuffisance d'apport, il en est d'autres qui sont dues à des troubles hépatiques et intestinaux, à un défaut d'utilisation, d'assimilation, à une perturbation dans leur cycle organique. Une phytothérapie adaptée, puis une large utilisation des légumes ou des fruits indiqués permettent souvent de rompre ce cercle vicieux.
II existe à l'inverse des cas d'hypervitaminose rencontrés lorsque des doses excessives de certaines vitamines ont été administrées pendant un temps plus ou moins long.
C'est le cas de l'hypervitaminose A dont les conséquences peuvent être fâcheuses maux de tête, vertiges, vomissements, irritabilité, inappétence, amaigrissement, douleurs articulaires, etc.
A titre indicatif 100 000 unités internationales de vitamines A soit 4 perles ou dragées à 25.000 unités de nombreuses fabrications pharmaceutiques équivalent à la quantité contenue dans 200 g d'huile de foie de morue.
C'est également le cas de 1 d’ervitaminose D constituée par des troubles digest et rénaux, une fatigue plus ou moins importante, des douleurs articulaires, des migraines...
Les vitamines, on le voit, ne sont pas à manier inconsidérément en matière thérapeutique.
Seront envisagées les vitamines suivantes
Vitamine A, ou antixérophtalmiquet
Le complexe vitaminique B constitué, en l'état actuel de nos connaissances, par
Vitamine BI, ou antibéribérique, ou aneurine, ou thiamine.
Vitamine B2, ou riboflavine.
Vitamine B3, ou vitamine PP, ou antipellagreuse, ou amide nicotinique, ou nicotinamide.
Vitamine B5, ou acide pantothénique
Vitamine B6, ou pyridoxine ou adermine
Vitamine B8, ou Vitamine H, ou biotine.
Vitamine B9 ou acide folique.
Vitamine B12, ou cyanocobalamine.
|
|
|
 |
|